60% des populations de vertébrés de la planète ont déjà disparus

vignette_animaux_disparition

Les populations de mammifères, poissons, oiseaux, amphibiens et reptiles dans le monde se sont effondrées de 60% depuis 1970 et ce déclin va se poursuivre si nous ne faisons rien. 

Alarmant par son rythme, le déclin de la biodiversité du globe menace la survie des autres espèces et de notre propre avenir. Si rien n’est fait maintenant, les deux tiers de la faune auront disparus d’ici 2020, indique le WWF dans son rapport Planète vivante 2016.

«Que la biodiversité poursuive sa chute, et le monde naturel que nous connaissons aujourd’hui s’effondrera d’un seul tenant», avertit le directeur général du WWF International, Marco Lambertini, dans cet état des lieux de la planète.

«Le déclin subi par les populations d’espèces sauvages est de plus en plus préoccupant», souligne-t-il: «Il devrait atteindre en moyenne 67%» d’ici à 2020, si rien n’est fait pour enrayer la tendance.

«On est en train d’assister à une régression de la vie sur la planète dont nous sommes en partie responsables c’est un facteur de risque majeur pour nous», relève Pascal Canfin, directeur général du WWF en France.

Car «quand le vivant disparaît, c’est le capital naturel qui disparaît. Et si on détruit ce capital naturel, on détruit notre capacité à vivre sur la planète».

Au rythme actuel, plus des deux tiers de la faune auront disparus d’ici 2020

«L’humanité se met elle-même en danger», résume le WWF.

Le précédent rapport, paru en 2014, faisait état d’une chute de 52% des populations de vertébrés dans le monde entre 1970 et 2010.

Pour mesurer leur évolution, le WWF, en collaboration notamment avec la Société zoologique de Londres, a étudié 14 152 populations appartenant à 3 706 espèces vertébrées.

Particulièrement touchés, les animaux d’eau douce, dont les effectifs sont en chute libre: moins 81% en moyenne entre 1970 et 2012. Ils sont victimes de la surexploitation, parfois involontaire (quand ils sont pris accidentellement dans des filets) comme les dauphins de rivière, ainsi que de la perte et de la dégradation de leur habitat.

Les effectifs des espèces terrestres ont dégringolé de 38%. À cause du braconnage, le nombre d’éléphants d’Afrique, par exemple, a diminué de 111 000 individus depuis 2006, pour plafonner à 415 000, selon les dernières données.

Les populations des milieux marins ont chuté de 36%. Un tiers des espèces de requins et de raies sont désormais menacées d’extinction, essentiellement en raison de la surpêche.

Un déclin de 60% depuis 1970

La perte de biodiversité est un signe précurseur de bouleversements planétaires parmi d’autres. L’Empreinte écologique, qui mesure notre consommation de biens et de services générés par la nature, indique que nous consommons autant que si nous avions 1,6 Terre à notre disposition. En parallèle, les recherches suggèrent que nous avons déjà franchi quatre des neuf « Limites planétaires », ces seuils liés aux processus critiques du système Terre, indispensables au maintien de la vie sur la planète.

Impact marginal du réchauffement

De manière générale, la menace la plus fréquemment subie par les populations en déclin est la perte ou la dégradation de leur habitat par les activités agricoles, l’exploitation forestière, l’extraction minière, les transports, la production d’énergie…

Autres causes: la surexploitation (chasse, pêche, braconnage…), la pollution (industries, urbanisation..), les espèces invasives, les maladies.

Le changement climatique n’a pour l’instant qu’un impact «relativement marginal parce qu’on n’en est qu’à un degré de réchauffement» planétaire par rapport à l’ère préindustrielle, précise Pascal Canfin.

Mais si les températures s’emballent du fait des émissions de gaz à effet de serre, liées aux activités humaines, les scientifiques promettent des impacts dévastateurs pour l’homme et les écosystèmes, en raison d’inondations, sécheresses, tempêtes…

Dans quelques jours, la communauté internationale réunie pour une nouvelle conférence climat à Marrakech tentera de commencer à concrétiser l’engagement pris à la COP21, en décembre à Paris, de contenir le réchauffement «bien en deçà de 2 degrés».

Agir est d’autant plus urgent que depuis le début des années 1970, l’action de l’homme détériore le capital naturel à un rythme supérieur à celui de sa reconstitution.

«On puise dans notre capital naturel de plus en plus tôt», note M. Canfin.

Cette année, l’humanité vit «à crédit» depuis le 8 août, c’est-à-dire qu’elle avait déjà consommé à cette date la totalité des ressources que la planète peut renouveler en un an, selon l’ONG Global Footprint Network. En 2015, ce jour était survenu le 13 août, et en 1970, le 23 décembre.

Actuellement, l’humanité a besoin de l’équivalent de 1,6 planète.

Mais la population mondiale, de 7,4 milliards de personnes aujourd’hui, devrait atteindre 9,7 milliards en 2050. À cette date, à scénario constant, elle aura besoin de deux planètes.

«Les conséquences de la pression humaine sur l’environnement sont de mieux en mieux connues et observées», pourtant «il n’y a eu aucune réaction économique rationnelle», déplore le WWF, appelant à «un développement économique soutenable».

L’entrée dans une nouvelle ère.

Sous l’effet des activités humaines, notre planète s’apprête à faire un saut dans l’inconnu. En fait, il y a tout lieu de penser que nous sommes entrés dans une époque géologique façonnée par l’homme : l’« Anthropocène ». Avec pour résultat que les habitants du globe, Homo sapiens compris, se retrouvent face à un avenir incertain. Nous avons déjà franchi quatre des neuf « Limites planétaires », ces seuils liés aux processus critiques du système Terre, indispensables au maintien de la vie sur la planète.

Voici les liens afin de pouvoir consulter les deux rapports: 2014 et 2016 

SourceWWF et AFP
PARTAGER

Commentaire Facebook !