L’alimentation riche en gras de la mère aggrave le risque d’obésité chez l’enfant

femme enceinte

Le régime et le mode de vie à l’occidentale ont été une nouvelle fois pointés du doigt.  Une alimentation riche en gras pendant la grossesse pourrait augmenter le risque pour son enfant de devenir obèse. 

Pour leur étude, des chercheurs de l’Institut de recherche Scripps (La Jolla, Californie) ont observé deux groupes de rats. Le premier groupe était composé de rats sélectionnés pour leur résistance à l’obésité en cas de régime riche en graisses ; les rats du second groupe, au contraire, étaient particulièrement vulnérables.

Les rats des deux groupes étaient nourris soit par un régime comportant la même proportion de lipides, de graisses saturées, de glucides et de protéines qu’un régime occidental typique, soit par un régime non occidental, plus pauvre en graisses et plus riche en céréales.

L’équipe a découvert que les femelles qui suivaient le régime occidental au cours des semaines précédant leur grossesse, puis pendant la grossesse et l’allaitement, avaient des petits qui étaient plus susceptibles d’être obèses dès la naissance ou de le devenir au début de leur puberté et même des mois plus tard, à l’âge adulte.

Les résultats étaient similaires même lorsque les mères ne mangeaient pas trop et conservaient leur poids de forme et des taux normaux de graisse corporelle et d’insuline.

Un “programme” de vulnérabilité métabolique

Ces résultats sont surprenants pour les chercheurs car les études préalables montraient que les mères en surpoids avaient le plus de chances de concevoir des petits eux-mêmes en surpoids. Or cette nouvelle étude suggère plutôt que, quel que soit le poids de la mère, le régime alimentaire peut jouer un rôle.

Le régime alimentaire maternel semble également avoir eu un effet durable sur les petits rats, “programmés” métaboliquement à devenir plus facilement obèses, et ce pour toute leur vie.

En outre, les chercheurs ont découvert que le régime occidental affectait différemment les deux groupes de rats, perturbant notamment la reproduction des lignées vulnérables à l’obésité. Un nombre beaucoup moins important de femelles vulnérables étaient capables de se reproduire, et celles qui le pouvaient avaient des portées moins nombreuses.

“Ce n’était pas le sujet de l’étude, mais cela appuie l’idée que le régime occidental provoque l’infertilité chez les femmes vulnérables à l’obésité”, explique Eric Zorrilla.

Selon lui, les résultats de l’étude devraient faire prendre conscience de l’importance d’un régime alimentaire sain, tant avant la grossesse que pendant et après la naissance, et pas seulement pour les femmes qui sont déjà en surpoids.

Les résultats sont publiés en ligne sur le site de l’American Journal of Physiology .

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