L’Arctique a connu son année la plus chaude jamais observée

Fonte de l'antartique

L’Arctique vient de connaître ses douze mois les plus chauds depuis le début des relevés de températures dans cette région en 1900 alors qu’une vague d’air chaud a entraîné une importante fonte des glaces.

La température annuelle moyenne de l’air au-dessus du sol a été la plus élevée jamais enregistrée, indique le rapport annuel sur l’Arctique, précisant qu’elle se situait 3,5 degrés Celsius au-dessus de celle de 1900 pendant la période allant d’octobre 2015 à septembre 2016.

Les principales conclusions du rapport de cette année sont les suivantes:

Température de l’air plus chaude: La température annuelle moyenne de l’air sur les terres était la plus élevée jamais observée, ce qui représente une augmentation de 3,5 degrés Celsius depuis 1900. Les températures de l’Arctique continuent d’augmenter au double du taux d’augmentation de la température mondiale.

Baisse de la couverture de neige: la couverture de neige printanière a atteint un sommet record dans l’Arctique nord-américain, où l’étendue de la neige de mai a diminué pour la première fois depuis l’observation des satellites en 1967, pour une première fois en dessous de 1,5 million de kilomètres carrés (4 millions de kilomètres carrés).

Perte de la masse de glace au Groenland: La nappe de glace au Groenland a continué de perdre de la masse en 2016, comme elle l’a fait depuis 2002, lorsque les mesures satellitaires ont commencé. Le début de la fonte sur la calotte glaciaire du Groenland a été le deuxième plus tôt dans le record de 37 ans d’observations, proche du record établi en 2012.

La faible quantité de glace de mer: La glace de mer de l’Arctique, de la mi-octobre 2016 à la fin de novembre 2016, était la plus faible depuis que l’enregistrement satellite a commencé en 1979 et 28 pour cent de moins que la moyenne de 1981-2010 en octobre. La glace arctique s’amincit, la glace pluriannuelle comprenant maintenant 22% de la couverture glaciaire, contre 78% pour la glace la plus fragile de la première année. En comparaison, la glace multi-annuelle représentait 45% de la couverture glaciaire en 1985.

Température de l’océan Arctique au-dessus de la moyenne: La température de la surface de la mer en août 2016 était de 9 degrés Fahrenheit (5 degrés Celsius) au-dessus de la moyenne pour 1982-2010 dans les mers de Barents et Chukchi et au large des côtes est et ouest du Groenland.

Fonte du permafrost 

Pour les climatologues, ce réchauffement résulte en grande partie des émissions de gaz à effet de serre émis dans l’atmosphère par la combustion des énergies fossiles, exacerbées cette année par le courant équatorial chaud du Pacifique El Nino. Celui-ci s’est dissipé au printemps.

La couverture neigeuse au printemps dans l’Arctique nord-américain a aussi connu sa plus petite étendue en mai avec seulement 4 millions de km2. C’est la plus faible depuis le début des observations par satellites en 1967.

Cette fonte des glaces et des neiges combinée à un recul de la banquise permet aux rayons du soleil de pénétrer davantage dans l’océan, favorisant la prolifération d’algues, et de faire fondre le sol gelé de la toundra, un riche puits de carbone.

«La toundra libère désormais plus de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère qu’elle n’en absorbe», estime le rapport.

Une fonte du permafrost «pourrait avoir des effets drastiques sur la météo et le climat dans l’Arctique et le reste de la planète», préviennent ces scientifiques.

Ils expliquent que le permafrost dans la région arctique contient deux fois plus de carbone organique que celui se trouvant actuellement dans l’atmosphère terrestre.

S’il était libéré il pourrait bouleverser encore plus le climat, faisant fondre davantage les glaces du pôle et provoquant une nette montée du niveau des océans.

Ce onzième rapport de la NOAA sur l’Arctique relève également que la faune et les populations humaines de la région subissent les effets néfastes de ce changement climatique.

Ainsi, l’acidification de l’océan résultant du réchauffement accroît le stress notamment sur les crustacés, qui ont besoin de carbonate de calcium pour former leur coquille. Cela affecte aussi les populations autochtones qui dépendent de la pêche pour se nourrir.

Enfin, le rapport note que la montée des températures entraîne une augmentation du nombre de parasites qui touchent surtout de petits rongeurs comme les musaraignes. Ces mêmes parasites n’infectaient auparavant que les oiseaux du littoral: cela laisse penser que certaines espèces animales se déplacent vers le nord.

SourceNOOA
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