La boulimie réduite de 31% grâce à la stimulation électrique du cerveau

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Des chercheurs du King’s College London ont réussi à diminuer de 31% les crises alimentaires compulsives de patients boulimiques en stimulant à l’aide d’électrodes les zones de leur cerveau liés au système de récompense. 

Comment traiter la boulimie, ce trouble alimentaire gouverné par l’obsession du poids, de la silhouette et de l’apparence physique ?

Sans que l’on connaisse exactement les mécanismes biologiques en cause, la boulimie fait pour l’heure l’objet de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pour réduire l’anxiété des patients et modifier la perception erronée de leur corps. 

Reconnue efficace pour traiter la dépression, l’électrostimulation du cerveau pourrait également réduire les crises au cours desquelles la personne absorbe de manière compulsive de grandes quantités de nourriture, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, selon une étude britannique menée par des chercheurs du King’s College London.

Ces crises de boulimie sont suivies de comportements compensatoires inappropriés tels que vomissements, utilisation de purgatifs ou bien jeûne et exercice physique excessif.

Concrètement, le traitement par électrodes consiste à améliorer les fonctions cognitives des patients au niveau du système de récompense et du self-control.

Les 39 patients suivis dans le cadre de cette expérience ont reçu des séances espacées de 48 heures, accompagnées de questionnaires répertoriant leur degré de restriction alimentaire, de sang froid et de bienveillance envers eux-mêmes. 

D’après les résultats, les crises ont été réduites de 31%, contrairement au groupe placebo qui n’a connu aucune amélioration. 

Pour compléter l’étude comportementale, les participants ont eu le choix entre disposer d’une petite somme d’argent disponible immédiatement et un plus grand montant disponible dans trois mois. Les plus patients qui ont été capables de retarder la satisfaction sont ceux qui ont été “électro-stimulés”.

Combiné à la TCC, cette méthode de stimulation cérébrale pourrait améliorer les résultats de la prise en charge, souligne les chercheurs, avec la possibilité un jour de voir ces appareils portatifs utilisés par les patients eux-mêmes à leur domicile. 

La boulimie touche environ 1,5% des 11-20 ans et concerne majoritairement les jeunes filles (environ six filles pour un garçon). La boulimie débute généralement plus tard que l’anorexie, avec un pic de fréquence vers 19-20 ans.

Globalement, les troubles du comportement alimentaire (TCA) tels que l’anorexie mentale, la boulimie, l’hyperphagie touchent environ 5% à 10% de la population générale.

Ces travaux ont été publiés dans la revue Plos One

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