Consommer certains poissons augmente le risque d’avoir la maladie de Charcot

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La consommation de poissons riches en métaux lourds pourrait multiplier par deux le risque de la maladie de Charcot, pathologie neurodégénérative rare qui touche 1 personne sur 20.000 dans le monde. 

Les poissons contaminés aux métaux lourds comme le mercure constitue un facteur de risque dans la maladie de Charcot.

La sclérose latérale amyotrophique (SLA), aussi connue sous le nom de maladie de Charcot, est une maladie neurodégénérative grave, qui apparait le plus souvent entre 50 et 70 ans, et qui conduit au décès dans les 3 à 5 ans qui suivent le diagnostic.

Jusqu’à présent suspecté, ce risque environnemental a été vérifié par des chercheurs du Dartmouth College (New Hampshire) aux Etats-Unis auprès d’un panel de 518 patients, dont 294 étaient atteints par la maladie, en regardant le type, la quantité de poisson qu’ils consommaient, à quelle fréquence tout en prenant en compte le lieu d’approvisionnement des produits (magasins ou pêches).

D’après les résultats, une majorité de patients (61%) faisaient partie des 25% qui ont ingéré le plus de mercure au cours de l’année passée, contre 44% pour les sujets sains.

Selon l’étude, les participants qui ont mangé la plus grande quantité de poisson et de fruits de mer régulièrement doublaient leur risque d’être malade, comparés aux sujets présentant des niveaux de mercure inférieurs.

Ce constat a été confirmé par les niveaux de mercure retrouvés dans les ongles des orteils de pied des patients : Plus les taux étaient élevés, plus le risque associé à la maladie de Charcot était élevé. 

Espadon, requin, thon, daurade à éviter

Espadon, requin, marlin, thon, daurade, lamproie comptent parmi les poissons prédateurs qui contiennent le plus de mercure, susceptibles d’endommager le système nerveux central, tandis que les poissons à chaîne courte comme les sardines ou les maquereaux ont des niveaux inférieurs. 

Concernant le mercure, la limite réglementaire se situe à 0,5 mg/kg de poisson frais. A noter que le bio et les poissons d’élevage ne sont pas épargnés par les contaminations, selon de précédentes études. 

Pour s’assurer des quantités intéressantes d’oméga-3 sans s’intoxiquer, les autorités sanitaires conseillent de choisir des poissons et fruits de mer comme l’anchois, le capelan, l’omble, le merlu, le hareng, le maquereau, le meunier noir, la goberge, le saumon, l’éperlan, la truite arc-en-ciel, la corégone, le crabe, la crevette, la palourde, la moule et l’huître.

Les poissons gras (saumon, maquereau, sardine, anchois, truite fumée, hareng…) peuvent être consommés sans risque jusqu’à deux fois par semaine.

Aux Etats-Unis, l’Environmental Protection Agency met à jour régulièrement des conseils aux femmes enceintes, enfants et personnes fragiles, recommandant notamment de limiter la consommation de certains poissons (thon, espadon en particulier) et fruits de mer.

Les travaux de l’American Academy of Neurology à ce sujet, seront présentés au congrès international de neurologie, qui se tiendra du 22 au 28 avril prochain à Boston.

Une très célèbre victime de la maladie

Stephen Hawking, connu pour ses Stephen Hawking SLAcontributions dans les domaines de la cosmologie et la gravité quantique, en particulier dans le cadre des trous noirs, souffre d’une forme rare, de début précoce et d’évolution lente de sclérose latérale amyotrophique (SLA).  Sa maladie a progressé au fil des ans et il est maintenant presque complètement paralysé.

Mercure, méthylmercure, qu’est-ce que c’est ?

Le mercure est un métal présent naturellement à l’état de traces dans l’environnement. Essentiellement rejeté par l’écorce terrestre dans l’air, il se disperse ensuite dans les sols, les eaux et les sédiments. Il se diffuse aussi dans la nature du fait des rejets engendrés par les activités humaines : exploitation minière, métallurgie, transformation de pâte à papier, combustion des déchets et des combustibles fossiles en particulier. Très volatil sous sa forme élémentaire, c’est à la suite de transformations chimiques que le mercure devient toxique et facilement absorbable par l’organisme (bioaccumulable). Présent à de faibles concentrations dans l’eau ou les sédiments sous sa forme méthylée, appelée méthylmercure, il peut se concentrer très fortement dans les organismes aquatiques, sa teneur tendant à s’élever au fil de la chaîne alimentaire, à chaque fois qu’une espèce en mange une autre.

 

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