Découverte de la structure du récepteur de la marijuana

cannabis

Une équipe de scientifiques de l’université iHuman Institute of ShanghaiTech a découvert et analysé la structure atomique du récepteur humain des cannabinoïdes (CB1), également connu sous le nom de récepteur de la marijuana.

Les scientifiques savaient depuis longtemps que les molécules du tétrahydrocannabinol (THC), élément psychoactif de la marijuana, se lient et activent le récepteur CB1.

Ils ont maintenant découvert que le récepteur CB1 possède une structure cristalline tridimensionnelle.

Selon les auteurs de l’étude, qui a été publiée dans le journal scientifique Cell, cette nouvelle information est cruciale afin de mieux comprendre de quelle façon différentes molécules s’attachent et interagissent avec le récepteur CB1.

Maintenant que nous avons trouvé la structure du CB1, nous pouvons commencer à comprendre comment des changements à la structure de la drogue peuvent affecter le récepteur, explique Raymond Stevens, un des auteurs de l’étude.

Le Dr Mark Ware, directeur de la recherche clinique de l’unité de gestion de la douleur Alan Edwards du Centre universitaire de santé McGill, estime qu’il s’agit d’une percée importante.

Même si l’utilisation des cannabinoïdes pour des raisons médicales est en de plus en plus répandue, les chercheurs possèdent encore peu de données scientifiques sur la toxicité du cannabis.

La majorité des effets thérapeutiques recensés ont été rapportés par des patients, plutôt que par des études cliniques fiables, précise le Dr Ware, qui ajoute que ce type de découverte permettra d’obtenir davantage de données probantes sur les effets – positifs et négatifs – de la consommation de la marijuana et de ses produits dérivés.

Comprendre le design du récepteur CB1 pourrait notamment expliquer la façon dont les médicaments contre la douleur – qui imitent les effets du cannabis – peuvent parfois provoquer des effets secondaires involontaires.

La structure moléculaire détaillée du récepteur CB1 offrira un cadre précieux pour concevoir des médicaments sûrs et plus efficaces, a déclaré le directeur adjoint d’iHuman, le professeur Zhi-Jie Liu, l’un des auteurs de l’article.

Créer des cannabinoïdes synthétiques plus efficaces

De plus, les chercheurs espèrent établir clairement les distinctions entre les cannabinoïdes naturels, qui se retrouvent dans la marijuana, et les cannabinoïdes synthétiques, qui sont créés en laboratoire.

Les cannabinoïdes synthétiques sont notamment utilisés pour réduire les nausées et les vomissements causés par la chimiothérapie, pour atténuer les symptômes de la sclérose en plaques et pour stimuler l’appétit chez les personnes séropositives qui souffrent aussi d’anorexie.

M. Stevens précise que même si les cannabinoïdes synthétiques ont été créés pour imiter les cannabinoïdes naturels, leurs récepteurs se comportent différemment.

Les raisons qui expliquent pourquoi le THC trouvé dans la marijuana est généralement sécuritaire, tandis que les cannabinoïdes synthétiques peuvent provoquer des effets secondaires sévères et peuvent être toxiques, sont encore un mystère.

Raymond Stevens, un des auteurs de l’étude

Il n’y a jamais eu de cas de surdose causée par le THC naturel trouvé dans la marijuana, mais il y a eu des cas de surdoses sévères et parfois mortelles liés à la consommation de cannabinoïdes synthétiques, précisent les auteurs de l’étude, qui croient que leur découverte contribuera à approfondir la recherche portant sur les effets de cette drogue.

 

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