IBM cède à Lenovo ses serveurs X86

C’est chose faite : IBM vient d’annoncer officiellement la signature d’un accord définitif de cession de sa branche de serveurs x86 au groupe chinois Lenovo. Le montant de la transaction atteint 2,3 milliards de dollars.

Dans la douleur et après de longs mois suite aux premières discussions, IBM aura finalement réussi à signer la vente de ses serveurs d’entrée de gamme, les X86, à Lenovo, le même qui avait racheté son activité PC en 2005. La longueur des négociations a d’ailleurs donné raison au groupe chinois, qui a pu négocier le prix qui lui convenait. Au final, IBM cède ses serveurs pour 2,3 milliards de dollars. Il touchera 2,07 milliards de dollars en argent et le solde en actions.

Chiffres d’affaires en milliards de dollars au 3ième trimestre 2013

Serveurs2013

Le montant est largement inférieur à ses ambitions premières (6 milliards de dollars). Si Lenovo a obtenu un bon prix, c’est aussi en raison de la dégradation de l’activité. Au quatrième trimestre 2013, le chiffre d’affaires des serveurs X86 a reculé de 37 %.

ChinaUnitedStatesFlagsL’opération reste soumise à l’aval des autorités de la concurrence, notamment américaines, et du comité de contrôle des investissements étrangers aux Etats-Unis. Environ 7.500 salariés d’IBM devraient être transférés à Lenovo.

La transaction retire néanmoins une épine du pied à Big Blue. Le marché des serveurs est soumis à une profonde transformation liée au « cloud computing », qui consiste pour les entreprises à restructurer leurs parcs informatiques, voire à en externaliser une partie. Mais ce sont surtout les géants de la Silicon Valley, comme Google, Facebook ou Amazon, qui modifient les habitudes.

« Ces groupes ont tendance à acheter du matériel standard peu cher et à construire leurs serveurs eux-mêmes », explique Errol Rasit, analyste chez Gartner.

L’opérateur français de « cloud computing » OVH a choisi d’assembler ses propres serveurs.  « Cette mode touche également les entreprises clientes qui peuvent soit choisir un vendeur traditionnel, soit acheter des produits standardisés à assembler », ajoute Errol Rasit.

Réitérer l’exploit des PC

Ces évolutions entraînent une pression sur les prix et sur les volumes. Ainsi, la division matériel (hardware) du groupe a reculé en 2013 de 19 %, à 14,4 milliards dollars. En cédant les serveurs X86, un segment de marché ultraconcurrentiel également occupé par Dell et HP, IBM sort donc d’une activité à faible marge.

Il conserve, en revanche, les machines propriétaires, dont les marges de profit sont plus élevées, ainsi que les activités de stockage et les semi-conducteurs.

« IBM n’a pas vocation à rester sur des activités d’entrée de gamme », confirme Didier Krainc, du cabinet IDC. « Lenovo, lui, sait faire face à des marchés de volume. Il est outillé pour cela », complète l’analyste.

lenovopcDans le passé, Lenovo a accompli l’exploit de redresser l’activité PC d’IBM, qui était en perte de vitesse, devenant le numéro un mondial du secteur. Et, grâce à sa capacité à innover, il a su mieux que les autres résister à l’émergence des tablettes. Aujourd’hui, le groupe croît au rythme de plus de 10 % par trimestre.

En entrant sur le marché des serveurs, Lenovo devra bien entendu affronter les mêmes problématiques qu’IBM, mais il compte bien réitérer l’exploit des PC.

Pour le chinois, quasi inexistant dans ce domaine, il s’agit de s’ouvrir les portes d’un nouveau marché. Mécaniquement, il deviendra, une fois la transaction validée par les autorités américaines, numéro deux du secteur derrière HP et pourra cibler des clients internationaux auxquels il n’avait jusque-là pas accès.

Gartner_Magic_Quadrant_April_2013

Maintenant et pour les prochaines mois, au niveau des leaders du marché, il ne restera que HP, DELL et Cisco avant que Lenovo ne gagne la confiance des consommateurs et des entreprises pour les serveurs à base de processeurs X86. Lenovo tombera dans la cadrant des challengers.

Est-ce que Lenovo aura la même qualité de service à la clientèle et après vente que la grosse machine bien rôdée qu’est IBM. Seul l’avenir nous le dira.

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