Il est trop tard ! L’Antarctique continuera à fondre

C’est une confirmation plus qu’une découverte, mais les scientifiques en ont désormais le coeur net : Ils ont comme point de repère le glacier de l’île du Pin, situé en Antarctique.

la-fonte-du-glacier-de-l-ile-du-pin-s-accelereCe glacier est un mastodonte. Long de 250 kilomètres, d’une superficie de 175 000 km2 et épais de 2 kilomètres, il présente désormais une “embouchure” de 40 km de long par où s’écoule d’immense quantité d’eau douce et d’icebergs gigantesques.

Si le réchauffement de certains courants marins a contribué à la dislocation progressive de ce bloc au rythme de 79 km3 par an durant les trois dernières années, il est désormais entraîné dans une dynamique jugée “irréversible” par les experts. Il connaît actuellement une accélération marquée de sa vitesse de glissement dans l’Océan et sa fonte s’est accru de 500% depuis 2011.

Il perd aujourd’hui plus de 100 milliards de tonnes d’eau douce par an, il en perdra trois à cinq fois plus en 2035.

“On sait depuis quinze ans que le glacier rejette plus de glace dans l’océan qu’il ne reçoit de neige”

“Selon les modèles utilisés, quel que soit le niveau de perturbation océanique auquel on soumet le glacier le résultat est le même. Le phénomène s’est emballé et le glacier continuera de fondre”

Autrement dit, à moins qu’il ne fasse extrêmement froid dans les années à venir, le glacier de l’île du Pin est condamné à fondre de plus en plus. Résultat, à lui seul et dans moins de vingt ans, il pourrait donc contribuer à 20% de l’élévation du niveau des mers dû à la fonte de l’Antarctique.

Voici une photo d’un iceberg de 87 km2 sorti du glacier en novembre dernier

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De nouveaux travaux de géologues britanniques, américains et allemands, publiés ce jeudi dans la revue américaine Science, révèlent que ce glacier avait fondu il y a 8 000 ans aussi vite qu’il le fait actuellement.

C’est en étudiant les roches qui sont présentement exposées, dû à la fonte actuelle du glacier, qu’ils ont pu trouver des éléments indiquant les changements qu’il a subit dans le passé. Cette découverte leur a fournit un modèle climatique important pour anticiper son comportement futur.

Joanne Johnson, de l’Institut de géophysique britannique de l’Antarctique, mentionne ceci:

“Nos données géologiques nous montrent l’histoire de ce glacier d’une façon détaillée sans précédent”

“Le fait qu’il ait fondu aussi vite dans le passé montre à quel point il est sensible aux changements environnementaux et combien de petits changements peuvent produire des effets drastiques et durables”

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