La mission de Rosetta pour percer les mystères de la vie

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La comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko a atteint son périhélie, c’est-à-dire le point sur son orbite qui est le plus proche du Soleil.

Selon des images prises par la caméra de navigation NavCam de la sonde, la comète s’est montrée bien active.

L’autre caméra de Rosetta, Osiris, a pris elle aussi des images spectaculaires de la comète en plein dégazage. Elles ont été dévoilées par l’Agence spatiale européenne (ESA) jeudi après-midi.

La comète, qui est constituée de glace, de minéraux et de particules organiques, se trouvait alors à 186 millions de km du Soleil et à 265 millions de km de la Terre.

La sonde européenne Rosetta a assisté au spectacle à une distance prudente de 330 kilomètres. Il fallait en effet que ses capteurs d’étoiles, qui lui permettent de s’orienter, ne soient pas perturbés par les débris et poussières qui s’échappent de plus en plus de la comète en raison de la proximité du Soleil.

Tous les instruments de la sonde étaient actifs pour prendre des images, capturer des grains de poussière, humer les gaz.

En revanche, le petit robot Philae, hébergé depuis neuf mois sur la comète, et pas très en forme, ne pouvait que rester muet, la sonde se trouvant trop loin de lui pour établir une communication.

À chaque passage près du Soleil tous les 6 ans et demi, la petite comète perd plusieurs dizaines de centimètres.

Jean-Yves Le Gall, président du CNES, l’agence spatiale française, a déclaré que:

“Comme il y a un effet retard, le maximum d’activité de la comète aura lieu probablement un peu après le passage au périhélie”,

“Rosetta est aux aguets, nous recevons des données extraordinaires. La moisson continue”.

L’objectif de la mission, lancée il y a plus de 20 ans, est de mieux comprendre l’évolution du système solaire depuis sa naissance il y a 4,6 milliards d’années, les comètes étant considérées comme des vestiges de la matière primitive.

Jean-Pierre Bibring, responsable scientifique de Philae, a expliqué sur la radio France Inter l’universitaire que:

“La mission Rosetta a permis de constater que la comète n’est pas essentiellement un bloc fait à 80% de glace et qui aurait piégé tout le reste, contrairement à ce que l’on pensait auparavant”.

“L’essentiel de la matière cométaire est fait de grains organiques de grande dimension», pouvant atteindre plusieurs millimètres et constitués de macromolécules très complexes faites de carbone et d’azote”.

“Ce sont ces grains qui ont eu la capacité de voyager et éventuellement d’ensemencer les océans terrestres”.

“Avec Rosetta et Philae, nous sommes convaincus d’avoir devant nous le matériau à partir duquel, une fois les océans ensemencés, la vie a pu émerger sur Terre”.

Nicolas Altobelli, planétologue à l’Agence spatiale européenne (ESA), relève que:

“Toutes les molécules organiques nécessaires à l’apparition de la vie sont présentes sur 67P”.

L’aventure de Rosetta, qui voyage depuis plus de onze ans dans l’espace, devrait se terminer en septembre 2016.

À cette date, l’ESA a prévu de la faire se poser le moins rudement possible sur Tchouri où elle retrouvera Philae qui sera alors endormi depuis longtemps.

 

SourceAFP et ESA
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