La moitié des populations d’espèces sauvages a disparu en 40 ans

tigre de java
Le Tigre de Java a subi la déforestation de son habitat au profit des rizières et de forêts de teck, de café et d'hévéa. Il a disparu en 1980.

La population mondiale de poissons, d’oiseaux, de mammifères, d’amphibiens et de reptiles a diminué de 52 % de 1970 à 2010, soit à un rythme plus rapide que prévu, a indiqué l’organisation Fonds mondial pour la nature (WWF).

Dans un rapport biennal, l’ONG précise que les besoins humains dépassent désormais de 50 % les réserves naturelles disponibles avec un abattage d’arbres, une exploitation des nappes phréatiques et des émissions de CO2 plus rapides que le temps nécessaire à la Terre pour satisfaire ces demandes.

« Ces dégâts ne sont pas inévitables, ils sont seulement la conséquence de la manière dont nous choisissons de vivre. »— Ken Norris, directeur du département scientifique à Zoological Society de Londres

« Il est essentiel que nous saisissions l’opportunité tant qu’il est encore temps pour mettre en œuvre un développement durable et créer un avenir dans lequel les gens pourront vivre et prospérer en harmonie avec la nature », précise le directeur général de WWF, Marco Lambertini.

Protéger la nature, ce n’est pas seulement protéger les espèces sauvages, c’est également sauvegarder l’avenir de l’humanité, « ce qui signifie notre survie même », ajoute-t-il.

Le déclin des espèces sauvages vertébrées a été le plus spectaculaire dans les régions tropicales, notamment en Amérique latine. L’indice établi dans le rapport « Living Planet » se fonde sur 10 380 populations de 3038 espèces de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et de poissons.

Ce déclin de 52 % en moyenne est plus rapide que ne l’avaient anticipé les précédentes études. Le rapport publié en 2012 évoquait un déclin de 28 % des espèces sauvages entre 1970 et 2008.

Les populations les plus touchées sont les espèces d’eau douce, dont la disparition a atteint 76 % entre 1970 et 2010, tandis que les espèces marines et terrestres ont diminué toutes deux de 39 %.

Les principales raisons de ce déclin sont la perte de l’habitat naturel, la chasse, la pêche ainsi que le réchauffement climatique.

Le Koweït est le pays dont « l’empreinte écologique » est la plus marquée, devant le Qatar et les Émirats arabes unis. Ces pays consomment et gaspillent des ressources plus que tous autres pays au monde.

« Si tous les habitants de la planète avaient une empreinte écologique égale à celle de la moyenne des habitants du Qatar, nous aurions besoin de 4,8 planètes. Si nous avions tous le style de vie d’un Américain moyen, nous aurions besoin de 3,9 planètes », précise le rapport.

« Compte tenu du rythme et de l’ampleur du changement, nous ne pouvons désormais plus exclure la possibilité de parvenir à un point de basculement qui pourrait de manière brutale et irréversible modifier les conditions de vie sur terre ».

 

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