L’Arctique serait sans aucune glace dans 30 ans

ours-polaire-glace-arctique

Ce n’est qu’une question de temps avant que le changement climatique ne libère complètement l’Arctique, avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour la planète.

Une étude, publiée dans la revue Science du 3 novembre, cherche à sensibiliser le public à la responsabilité individuelle au changement climatique en indiquant que chaque tonne de dioxyde de carbone que nous produisons est responsable de la fonte de trois mètres carrés de glace Arctique.

L’humain moyen est responsable d’environ cinq tonnes de CO2 chaque année et l’Américain moyen est responsable de 16,5 tonnes, ce qui signifie que chaque personne sur la planète émet suffisamment de carbone pour fondre de 10 à 50 mètres carrés de glace chaque année. Multipliez cela par les sept milliards de personnes et comptant sur la planète, et l’humanité émettra suffisamment de CO2 aux taux actuels pour obtenir un Arctique sans glace pendant les mois d’été dans aussi peu que 30 ans.

Cette étude vise aussi à corriger les modèles climatiques actuels, qui selon plusieurs études sous-estiment les pertes de glaces.

” Le changement climatique est souvent vu comme une notion abstraite et notre étude permet de changer cette perception », ajoute Julienne Stroeve du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) dans le Colorado et professeur de glaciologie à l’University College de Londres.

Cette année l’étendue des glaces dans l’océan Arctique a atteint un minimum annuel de 4,14 millions de km2, la deuxième plus faible superficie depuis le début des observations par satellite en 1979, très proche du record de 2007.

Le retrait rapide de la banquise arctique est l’un des indicateurs les plus directs du réchauffement planétaire, notent ces chercheurs.

Au cours des 40 dernières années, les glaces de l’Arctique ont vu leur superficie se réduire de moitié en été, et elles pourraient disparaître totalement pendant cette saison d’ici le milieu du siècle sans une réduction rapide des émissions de CO2.

Pour corriger la sous-estimation de la fonte des glaces dans les modèles et obtenir des projections plus exactes sur l’évolution future de la banquise, ces chercheurs se sont basés sur des observations directes entre 1953 et 1978 du Centre Hadley des glaces et des températures océaniques du Met Office britannique et des données recueillies entre 1979 et 2015 par satellite du Centre américain de la neige et de la glace (NSIDC).

Les auteurs ont conclu qu’il y avait une corrélation directe entre les émissions de CO2 et la superficie de la banquise arctique en été.

L’étude a déterminé ainsi que le fait de limiter à 2 degrés Celsius la hausse de la température du globe par rapport à l’ère préindustrielle n’est pas suffisant pour permettre aux glaces arctiques de subsister en été, car un tel réchauffement correspondrait à un accroissement de plus de mille milliards de tonnes d’émissions de CO2 d’ici 2100.

Pour éviter le scénario d’une disparition complète de la banquise durant la saison la plus chaude, il faudrait plafonner la montée du mercure à 1,5°C, mais les données indiquent qu’il est probablement déjà trop tard.

Cela pourrait être 2045, ou 2075, ou 2035, ou peut-être même dans le XXIIe siècle si nous avons de la chance. Mais étant donné la quantité de CO2 que l’humanité émet dans l’atmosphère chaque année, un Arctique sans glace est juste une question de temps. Les scientifiques ne peuvent que deviner ce que cela pourrait signifier pour notre planète et nous. Une fonte aussi rapide est une chose sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

Étant donné que la glace de mer pourrait complètement fondre en aussi peu que 30 ans, il n’y a pas nécessairement beaucoup de choses qui peuvent être faites.

Selon M. Stroeve, la réduction des émissions ne suffirait probablement pas à freiner cette catastrophe. À son avis, le meilleur moyen serait de réduire drastiquement les émissions en parallèle avec des efforts énergiques pour capturer le carbone, le retirer de l’atmosphère en plantant plus d’arbres et absorber une partie de l’excédent.

PARTAGER

Commentaire Facebook !