Lenovo achète à Google la division des smartphones Motorola

Lenovo a les poches pleines et profondes: Après avoir acheté la division de serveur IBM X86, il achète maintenant Motorola !

Le géant d’internet Google a annoncé aujourd’hui, mercredi le 29 janvier, la cession des smartphones de Motorola au groupe chinois Lenovo pour 2,91 milliards de dollars, mettant fin à deux ans d’efforts pour relancer le fabricant qu’il avait acheté à prix d’or.

Lenovo reprend la marque Motorola et les produits déjà lancés ou en préparation, mais Google va conserver «la vaste majorité» du portefeuille de brevets de Motorola Mobility, et «continuer à les utiliser pour défendre l’écosystème d’Android», précise le géant d’internet dans un message sur son blog officiel. Android est le système d’exploitation mobile de Google.

Le rachat de Motorola avait coûté 12,5 milliards

Utilisé par un large éventail de fabricants comme Motorola mais aussi le numéro un mondial des smartphones Samsung, le logiciel domine aujourd’hui largement le marché tant des smartphones que des tablettes.

L’immense portefeuille de brevets de Motorola avait été l’une des principales motivations de Google quand il avait mis 12,5 milliards de dollars sur la table pour racheter la société en 2012.

Constat d’échec

googlefailLa revente des smartphones est tout de même un constat d’échec pour le groupe, qui a depuis taillé dans les activités et les effectifs de sa filiale, et en a revendu des morceaux à des tiers notamment les décodeurs payés 2,35 milliards de dollars par Arris il y a un an, sans parvenir jusqu’ici à la faire revenir aux bénéfices.

Google et Lenovo ont cependant affirmé que l’accord profitait aux deux parties.«Lenovo a l’expertise et les capacités pour faire de Motorola un acteur majeur de l’écosystème Android», a commenté le directeur général de Google, Larry Page, dans un communiqué.

Un «acteur solide» sur les smartphones

De son côté, le PDG de Lenovo Yang Yuanqing a souligné que l’acquisition donnait à Lenovo «l’occasion de devenir immédiatement un acteur solide au niveau mondial dans le secteur en forte croissance des smartphones».

motorola1970Motorola avait été l’un des pionniers de la téléphonie mobile, pour laquelle il avait déposé les premiers brevets dans les années 1970. Mais il a raté le tournant des smartphones.L’entreprise avait joué son va-tout l’an dernier avec la sortie du Moto X, un smartphone personnalisable et «made in USA». Motorola en avait baissé le prix récemment, un signe selon les experts que les ventes n’étaient pas à la hauteur de ses attentes.Larry Page a fait le même constat.

Lenovo s’offre donc une image de marque forte, connue dans le monde entier et légitime. Ce “brand asset”, comme disent les financiers américains est un actif de taille.

Pour réussir, il vaut mieux s’y mettre à fond

«Le marché des smartphones est super concurrentiel et pour réussir, il vaut mieux s’y mettre à fond», a-t-il reconnu. «C’est pourquoi je pense que Lenovo, qui a une activité de smartphones en forte croissance et qui est le numéro un mondial des PC, s’occupera mieux de Motorola».

Pour l’analyste Jack Gold, de J Gold Associates, «Google a eu ce qu’il voulait et ce dont il avait besoin chez Motorola. Il a eu les brevets, les talents et la connaissance du marché et des appareils mobiles». «Ils n’ont pas besoin d’être présents dans le secteur des appareils», a-t-il ajouté. «C’est bon pour Google et c’est bon pour Lenovo, à mon avis».

Résolution de conflits d’intérêts et protection d’Android

Google-Android-Logo1L’analyste a aussi souligné que la transaction pourrait résoudre certains conflits d’intérêts potentiels pour Google, dont le système d’exploitation mobile Android est utilisé par toute une série de fabricants concurrents de Motorola, et domine très largement aujourd’hui le marché des tablettes et des smartphones.

Mais pour Ramon Llamas, analyste au cabinet spécialisé IDC, la transaction laisse un trou de quelque 7 milliards de dollars dans les comptes de Google. «Est-ce que les brevets valent 7 milliards? Je ne le sais pas, mais c’est une question importante», a-t-il indiqué.

Google indique conserver 25 000 brevets de Motorola, la plupart historiques (les premiers ont été déposés dans les années 1970) et essentiels, afin de mieux protéger Android des procès et menaces anticoncurrentielles de Microsoft, Oracle, Apple. Samsung, HTC et d’autres compagnies.

Les Américains vont-ils laisser faire ?

La question est sensible. Curieusement, l’annonce du rachat des serveurs X86 d’IBM par le chinois n’a pas suscité une émotion particulière à Washington pourtant si prompt à dénoncer l’entrisme des géants chinois au pays de l’Oncle Sam.

Reste à savoir si cette nouvelle acquisition passera aussi bien, Motorola est un fleuron historique de l’industrie américaine et il est au centre de domaines sensibles. L’opération devra de toutes façons être validée par l’Etat fédéral qui pourrait poser ses conditions.

Une tentative de rachat de BlackBerry par Lenovo avait ainsi été bloquée par les autorités canadiennes.

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