Les ressources d’eau douce seront rares d’ici 2050

Surexploitation de l'eau

La surpopulation humaine et notre mode de consommation vont épuiser les réserves aquifères à travers le globe au cours des prochaines décennies et causeront d’importantes pénuries. 

Des experts ont présenté une étude qui indique qu’à court terme, les régions les plus à risque sont l’Inde, l’Argentine, l’Australie, la Californie ou encore le sud de l’Europe. La présentation a eu lieu durant la conférence annuelle de l’American Geophysical Union, qui se tient du 12 au 16 décembre 2016  à San Francisco en Californie, 

Plus précisément, ils indiquent quand des réserves aquifères seraient épuisées. Comme par exemple l’eau stockée dans le sous-sol de la partie supérieure du bassin du Gange en Inde ainsi que dans le sud de l’Espagne et de l’Italie pourrait être épuisée entre 2040 et 2060.

Ce pourrait aussi être le cas dans la vallée centrale de la Californie, ainsi que dans le bassin de Tulare et dans le sud de la vallée de San Joaquin également situés dans cet État de l’Ouest américain où les réserves en eau souterraine pourraient être asséchées d’ici les années 2030. Et les réservoirs aquifères du sud des Grandes plaines, qui alimentent en eau une partie du Texas, de l’Oklahoma et du Nouveau-Mexique, pourraient atteindre leurs limites entre 2050 et 2070, anticipent les experts.

Selon eux, jusqu’à 1,8 milliard de personnes pourraient vivre dans des régions où les réserves en eau seraient quasiment ou entièrement épuisées en raison d’un pompage excessif dans les aquifères pour la consommation humaine et pour les cultures agricoles. Pendant ce temps, les trois quarts des espèces animales et végétales sur Terre sont menacées ou quasi menacées de disparaitre. Eux aussi ont besoins d’eau pour survivre.

 Un grand nombre d’aquifères sont déjà à la limite de l’exploitation ou le deviendront à brève échéance, surtout dans les régions de la Terre les plus arides où l’on pratique une irrigation très intensive ”, a prévenu Inge de Graaf, hydrologue à l’École des Mines du Colorado, estimant impératif de connaître les limites des ressources souterraines en eau.

20 % des réserves surexploitées

Plusieurs études s’appuyant sur des observations par satellites avaient déjà montré que plusieurs grands aquifères dans le monde étaient proches de l’épuisement.

Mais ce type d’observations ne permet pas de mesurer le niveau des réserves plus petites, à l’échelle régionale, expliquent les hydrographes. Pour cela ils veulent mettre en place une nouvelle approche, à partir d’une modélisation informatique, afin de pouvoir mesurer la structure des petites nappes d’eau souterraines, le volume de pompage que nous pourrions y faire et les interactions entre ces aquifères et les étendues d’eau environnantes comme les fleuves et les lacs.

Selon ces experts, cette modélisation permetra aussi de prédire quand le niveau de ces aquifères sera trop bas pour que les pompes modernes puissent en extraire de l’eau.

Mais rien dans leur étude n’indique ce que l’humain pourra faire une fois toutes les réserves épuisées.

 Nous ignorons encore combien d’eau reste dans ces aquifères et à quel rythme ils seront épuisés avant que des effets dévastateurs ne se produisent ”,  a expliqué Inge de Graaf.

Les auteurs appellent ainsi à changer radicalement l’utilisation et la gestion de cette ressource pour éviter une grave pénurie d’ici 2030.

Selon un rapport des Nations Unies, paru en deux sections en 2014, la demande mondiale d’eau s’envole et 20 % des réserves souterraines sont déjà surexploitées. Voici les liens vers ces rapports: Eau et Energie,  Relever les défis 

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