L’Europe investit massivement dans l’exploration spatiale

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Presque un milliard d’euros pour l’ISS, plus de 400 millions pour la mission ExoMars qui prévoit l’envoi d’un robot mobile sur la planète rouge vers 2020 : l’Europe de l’espace a alloué une belle somme à ses deux aventures emblématiques de l’exploration du cosmos.

« L’Europe se donne les moyens d’être vraiment à la pointe pour les années qui viennent au moment où émergent de nouveaux concurrents et des incertitudes », a indiqué Thierry Mandon, secrétaire d’État français responsable de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

La nouvelle enveloppe globale de quelque 1,4 milliard d’euros pour prolonger l’utilisation de la station spatiale internationale (ISS) jusqu’à 2024 et poursuivre ExoMars a été annoncée à l’issue d’une conférence ministérielle de l’Agence spatiale européenne (ESA) à Lucerne, en Suisse. Une session qui a réuni jeudi et vendredi les responsables des affaires spatiales de ses 22 États membres.

« C’est beaucoup d’argent pour l’avenir, cela nous permet d’aller vraiment de l’avant », s’est réjoui Jan Woerner, directeur général de l’ESA.

En matière spatiale, l’Europe fait face à la montée de la concurrence internationale, notamment avec des opérateurs privés comme l’Américain SpaceX d’Elon Musk.

Pour poursuivre l’exploitation de la station spatiale internationale (ISS), l’Europe consacrera 960 millions d’euros à cet immense laboratoire où l’astronaute français Thomas Pesquet vient de prendre ses quartiers pour les six prochains mois. Une aventure très médiatisée.

L’ISS permet une large gamme d’expériences, visant trois objectifs principaux : la préparation des futurs vols de longue durée, notamment vers Mars ou la Lune, une meilleure compréhension de la physiologie humaine et des avancées en physique.

L’Europe rejoint ainsi les États-Unis, la Russie, le Japon et le Canada, qui avaient déjà décidé de prolonger l’utilisation de la station. « Il n’y avait pas de problème, tous les pays étaient d’accord », selon Thierry Mandon.

De la vie sur Mars ?

Les ministres ont également décidé d’allouer environ 436 millions d’euros supplémentaires à ExoMars, le projet d’exploration de la planète rouge.

La mission prévoit l’envoi d’un robot mobile, à charge pour lui de forer le sol martien. L’espoir est de trouver des traces de molécules organiques qui auraient pu se trouver sur Mars il y a environ 3,9 milliards d’années, prouvant l’existence d’une vie passée. Voire d’y débusquer des indices d’une vie actuelle.

Le 19 octobre, l’Europe a réussi à placer la sonde européano russe TGO en orbite de Mars, mais l’atterrisseur test Schiaparelli s’est écrasé à la surface de la planète à cause d’un problème de logiciel de navigation.

Le module européen avait couté 230 millions euros. Le coût du programme d’exploration de Mars était estimé à 1,5 milliard d’euros, avant le vote de cette rallonge.

Côté lanceurs, les États ont décidé de dédier près d’un milliard d’euros, échelonnés sur plusieurs années, au Centre Spatial Guyanais de Kourou.

Le projet Prometheus, qui prépare l’après-Ariane 6 avec le développement du moteur oxygène-méthane à très bas coût, devient européen alors qu’il n’impliquait jusqu’à aujourd’hui que la France et l’Allemagne.

SourceESA, NASA et AFP
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