Nos jeunes sont trop exposés aux publicités de malbouffe

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L’obésité est en croissance chez les jeunes Canadiens, au point où certains n’hésitent pas à parler d’épidémie. © IS/iStock

Le nombre d’enfants canadiens souffrant d’obésité a triplé depuis 1979. La Fondation des maladies du cœur et de l’AVC estime qu’un enfant sur trois est en surpoids ou obèse.

Leurs habitudes alimentaires sont particulièrement préoccupantes, ajoute l’organisation, qui avance que le quart des jeunes de 5 à 19 ans consomme des boissons sucrées chaque jour et que moins de la moitié consomme au moins cinq portion (le minimum recommandé) de légumes et fruits quotidiennement.

Cœur + AVC, rappelant que l’obésité peut augmenter les risques de souffrir de problèmes cardiaques ou du diabète, considère que cette tendance est attribuable au marketing agressif de l’industrie alimentaire qui met de plus en plus de l’avant des produits mauvais pour la santé.

Une exposition en continu

Signe que les temps changent, le marketing alimentaire destiné aux enfants, déjà très présent dans les rayons de magasins et à la télévision, réussit maintenant à rejoindre ce même public en ligne, sur les sites web, sur les réseaux sociaux et dans les applications mobiles.

La docteure Monique Potvin Kent, qui étudie les effets du marketing sur l’alimentation des enfants, surveille le phénomène de près et s’inquiète de la portée des publicités mettant en vedette de la nourriture et, plus particulièrement, de la malbouffe sur le web.

Elle a passé un an à évaluer le volume de ces publicités ainsi que la qualité nutritionnelle des aliments mis en valeur sur les dix sites Internet les plus fréquentés par les enfants (âgés de 2 à 11 ans) et les adolescents (âgés de 12 à 17 ans).

Selon ses observations, au cours d’une année, les enfants sont exposés à plus de 25 millions d’annonces de boissons et d’aliments sur les sites Internet qu’ils fréquentent le plus souvent. Et plus de 90 % de ces publicités présentent des aliments considérés mauvais pour la santé; le plus souvent d’aliments transformés, riches en lipides, en sodium ou en glucides.

” Il y a beaucoup de publicités à la télévision qui s’adressent aux enfants et encore plus à l’intention des adolescents, mais le temps d’antenne disponible est restreint, il y a une limite. Sur Internet, il n’y a absolument aucune limite, explique la Dre Potvin Kent.

Selon les données de la fondation Cœur + AVC, les enfants et les adolescents passent près de huit heures par jour devant des écrans de toute sorte.

” La quantité de publicités pour les boissons et les aliments en ligne est très élevée et presque tous les produits dont on fait la promotion sont mauvais pour la santé, ajoute-t-elle, affirmant avoir été ” consternée par les chiffres.

Des produits populaires

Parmi les produits les plus fréquemment cités dans les publicités des sites consultées par les enfants et les adolescents sont;  les repas pour enfants «Joyeux Festins» de McDonald’s, les boissons énergisantes Red Bull, les pop-Tarts, les céréales Frosted Flakes et les produits Lunchables de Kraft. 

On demande une réglementation

Pour remédier à la situation, Cœur + AVC recommande de revoir la réglementation des activités de commercialisation de l’industrie de l’alimentation. Selon la Fondation, le système d’autorégulation présentement en vigueur ne permet pas d’assurer un contrôle assez sévère des produits promus par les entreprises, notamment en permettant d’apposer des étiquettes d’aliments ” sains à des produits qui ne le sont pas réellement.

Cœur + AVC soutient que plus souvent qu’autrement, les entreprises cherchent à demeurer concurrentielles et à faire du profit, au détriment de la santé des enfants.

Au Québec, des lois mises en place dans les dernières années ont permis de limiter l’influence des publicités mettant en vedette des produits alimentaires. La province affiche ainsi le plus faible taux d’obésité au pays chez les enfants âgés de 6 à 11 ans et le plus fort taux de consommation de légumes et de fruits.

Malgér le bon score du Québec, la Fondation a tenu a rappelé que le taux d’obésité infantile a triplé au Canada depuis 1979, si bien qu’aujourd’hui, près d’un enfant sur trois est en surpoids ou carrément obèse. La mauvaise alimentation a été responsable d’environ 50 000 décès à la grandeur du pays en 2015.

«L’adoption de mesures législatives visant à restreindre la publicité des boissons et des aliments à l’intention des enfants et des jeunes peut sembler audacieuse, mais étant donné que les experts prévoient que les enfants d’aujourd’hui pourraient être la première génération à avoir une moins bonne santé et une durée de vie plus courte que leurs parents, nous devons être audacieux», a avancé Diego Marchese, chef de la direction par intérim et vice-président de la Fondation.

 
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