Réchauffement climatique: peur de l’échec des négociations

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La perspective de catastrophes climatiques d’ici à quelques dizaines d’années seulement, doublées d’attentes croissantes de l’opinion, pousse à un accord à la hauteur de l’enjeu planétaire.

Les scientifiques ont clairement averti que si rien n’était fait, le réchauffement se traduirait par de violentes tempêtes, des sécheresses, des guerres pour l’eau et des migrations massives.

Si nous n’agissons pas maintenant et que les émissions de gaz à effet de serre dû à l’homme n’atteignent pas bientôt leur pic avant de chuter très rapidement, il sera trop tard. Le créneau est étroit et cette fenêtre d’intervention pour nous sauver pourrait très vite se refermer.

Mais, à trois mois de la Conférence de Paris où les représentants de 195 pays doivent se retrouver pour tenter de sceller un accord mondial limitant le réchauffement à deux degrés, il y a une autre crainte qui hante les diplomates et les gouvernements, c’est celle de l’échec.

Li Shuo, de Greenpeace en chine, explique:

“Notre inquiétude, c’est que nous finissions avec le plus petit dénominateur commun, que tout le monde tombe d’accord sur les options les moins ambitieuses”

La dernière fois que la communauté internationale a essayé de sceller un accord dit de la dernière chance, ce fut à Copenhague, en 2009, cela s’est mal terminé, Au final, les 110 chefs d’État présent ont produit, en lieu et place d’un accord, une déclaration de trois pages destinée à sauver la face.

Un refrain a souvent été entendu aux négociations de Bonn:

“Ne pas répéter les erreurs de Copenhague”

C’est la même formule qui est aussi répétée comme un mantra par les organisateurs de la conférence qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre à Paris.

Et pourtant, malgré la peur d’un nouvel échec, à ce jour les progrès réalisés dans les négociations ont été minimes et extrêmement lents.

Après une nouvelle semaine de débats à huis clos, les négociateurs ont quitté l’ancienne capitale allemande vendredi avec très peu choses à mettre en avant. .

Selon les experts, les diplomates mandatés à ces rencontres, sont eux-mêmes frustrés d’avoir aussi peu progressé alors qu’il ne reste plus qu’une ultime session de négociations de cinq jours en octobre avant la conférence de Paris.

Il semblerait que sans instructions claires de leurs gouvernements ou au contraire nantis de consignes très précises, ils ne peuvent aller plus loin.

Cette situation peut les entraver et les empêcher de trouver des solutions, explique Alden Meyer, de l’Union of Concerned Scientists.

Les prochaines réunions, qui sont toutefois informelles, sont prévues dimanche et lundi.

Par la suite, les ministres des Affaires étrangères se réuniront au Major Economies Forum, puis leurs homologues des Finances se rencontreront à Lima le mois suivant lors d’une session conjointe du FMI et de la Banque mondiale.

D’autres rendez-vous sont à l’agenda au niveau international. Le 27 septembre, le président français François Hollande et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, seront les hôtes d’un sommet sur le climat à New York, en marge de l’assemblée générale de l’ONU.

La France a invité les présidents et les premiers ministres à l’ouverture de la conférence de Paris.

Alden Meyer mentionne que:

“C’est une manière de s’assurer qu’ils donneront une impulsion politique dès le début de la conférence,” .

“À Copenhague,les ministres étaient incapables de faire leur travail parce qu’ils savaient que les dirigeants allaient venir à la fin.”

Pour sa part, Elina Bardram se veut optimiste mais assure que de nombreux pays partagent ce point de vue:

“Un simple accord politique superficiel qui ne serait pas accompagné d’un solide dispositif de décisions opérationnelles n’est pas suffisant”

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