Savoir dès l’âge de 3 ans si un individu sera un fardeau pour la société

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Des scientifiques affirment pouvoir prédire dès l’age de trois ans quel sera le comportement d’un individu en société grâce à une batterie de tests et ainsi éviter qu’il ne soit un problème une fois devenu adulte.

Ces tests auraient la prétention de pouvoir répondre, entre autres,  à ces questions:  Sera-t-il un fardeau pour la société une fois adulte? Sera-t-il un jour prisonnier, obèse ou à charge des services sociaux ?

Voici 35 ans, les chercheurs du King’s College, à Londres, ont fait passer un test de 45 minutes à un groupe de plus de 1000 enfants de trois ans. Ils ont évalué leur intelligence, leur langage, leurs capacités motrices, de même que leur niveau de tolérance, d’agitation ou d’impulsivité.

En suivant aujourd’hui ces mêmes sujets dans différentes bases de données, ils ont constaté que le cinquième du groupe était responsable de 81 % des condamnations criminelles commises, qu’il avait reçu les trois quarts de tous les médicaments prescrits, qu’il percevait les deux tiers de l’ensemble des prestations sociales, qu’il représentait 36% des réclamations d’assurance-blessures et qu’il avait séjourné plus de la moitié des nuits à l’hôpital. C’est ce que révèle l’étude publiée dans Nature Human Behaviour

Mais ce que les scientifiques affirment surtout, est d’avoir démontré que ces résultats avaient été prédits des décennies plus tôt pour les enfants qui avaient le moins bien performé aux tests.

” Près de 20 % de cette population accapare la part du lion dans une large gamme de services publics ”, explique le professeur Terrie Moffitt, du King’s College, à Londres, et de l’Université Duke, en Caroline du Nord.

” Ce sont ces mêmes personnes qui utilisent le plus le système de la santé et les tribunaux, qui font le plus de réclamations à la suite de blessures invalidantes, qui consomment le plus de médicaments et qui réclament le plus de prestations sociales. Mais on s’est intéressé à leur enfance et on s’est rendu compte que 20 % avaient des problèmes mineurs de fonctions cérébrales quand ils étaient de jeunes enfants ”.

” Être capable de prédire quel enfant risque d’avoir de la difficulté donne la chance d’intervenir dans sa vie et de changer sa trajectoire, au bénéfice de tous ”, se réjouit le professeur.

L’équipe de chercheurs avait abordé le projet en voulant tester le principe de Pareto, soit la loi des 80-20, où environ 80 % des effets sont le produit de 20 % des causes. Cette loi s’appliquerait dans plusieurs domaines, comme en biologie, informatique ou économique.

L’équipe croit que si tous les enfants pouvaient ainsi être testés, il serait possible de déterminer lesquels sont les plus à risque et d’intervenir en conséquence pour éviter que ceux-ci ne deviennent un problème et fardeau pour la société.

Est-ce une bonne chose?

La pensé derrière ce genre d’étude, même si au premier abord cela semble louable, s’apparente à de l’eugénisme.  Ce terme désigne l’ensemble des méthodes et pratiques d’éradication des caractères jugés handicapants ou dans le but de favoriser des caractères jugés bénéfiques. Il peut être le fruit d’une politique délibérément menée par un État ou être le résultat collectif d’une somme de décisions convergentes, dans une société où primerait la recherche de l’« enfant parfait ». 

Ce n’est donc pas sa fin en elle-même qui a été critiquable, mais bien souvent les moyens qui pourraient être choisis. “ Nous devons éviter que nos jolis objectifs deviennent les geôliers de nos enfants ”, disait Myron Tribus

Effectuer des tests aux enfants afin de prévenir des problèmes sociaux est un thème important des oeuvres de science-fiction, qu’on pourrait parfois considérer comme des oeuvres d’anticipation. En voici trois exemples:

Tomorrow’s Children (1934): Une jeune femme souhaite épouser son petit ami et fonder une famille, mais parce que sa propre famille a été jugée « défectueuse » par les autorités sanitaires de l’État. Ses parents sont des alcooliques paresseux qui continuent d’avoir des enfants, et plusieurs de ses frères et sœurs ont des problèmes de santé mentale. Un tribunal lui ordonne de subir une stérilisation de telle sorte que les gènes défectueux de sa famille ne puissent être transmis à d’autres enfants.

Le meilleur des mondes (1998): Il s’agit d’un film inspiré du livre culte d’Aldous Huxley, qui décrit une société futuriste ou la guerre et la violence aurait été bannie. Dans ce monde idéal chaque humain a une place prédéterminée. Il n’y a plus de famille. Les êtres civilisés sont intégrés à cette société, ils sont conditionnés.

Bienvenue à Gattaca (1997): Dans un monde futuriste, on peut choisir le génotype des enfants. Dans cette société hautement technologique qui pratique l’eugénisme à grande échelle, les gamètes des parents sont triés et sélectionnés afin de concevoir in vitro des enfants ayant le moins de défauts et le plus d’avantages possibles. Ce film a été nommé par la NASA comme étant le film de science-fiction le plus réaliste à ce jour. 

Est-ce que cette recherche permet d’avancer que la règle devrait s’appliquer dans l’avenir? Est-ce le genre de société dans lequel nous voulons vivre? Je vous en laisse juge. 

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