Nos systèmes immunitaires influencés par l’homme de Néandertal

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L’homme de Néandertal a transmis aux Européens des mutations génétiques importantes pour aider leur corps à se défendre contre les infections virales.

Le chercheur Lluis Quintana-Murci et son équipe de l’Institut Pasteur estiment que ces mutations régulatrices ont conféré un avantage aux populations qui en ont hérité, ce qui explique aujourd’hui leur fréquence élevée parmi la population européenne.

Les scientifiques savent depuis plusieurs années que les premières populations européennes se sont accouplés avec les hommes de Néandertal, et que leur génome porte aujourd’hui la trace de ce croisement.

Dès 2010, l’ébauche du génome de l’homme de Néandertal montrait des différences avec celui de l’homme moderne et laissait supposer des croisements. En fait, 4 % du génome des non-Africains descend de celui des Néandertaliens.

La réponse immunitaire sous la loupe

Face à une infection, les systèmes immunitaires de deux personnes ne répondent pas de la même façon. Pour comprendre les bases génétiques et évolutives de ces différences, les scientifiques français ont analysé l’expression de l’ensemble des gènes de la réponse immunitaire de 200 personnes, 100 d’origine européenne et 100 d’origine africaine.

Autres constats :

  • La réponse immunitaire des Africains et les Européens diffèrent, notamment pour certains gènes impliqués dans les réponses inflammatoire et antivirale. Ces différences sont en grande partie dues à des mutations génétiques, différemment distribuées entre Africains et Européens, qui modulent l’expression des gènes de l’immunité. Ce résultat fournit ainsi des pistes pour mieux comprendre la sensibilité de certaines populations à des maladies comme le lupus, dont l’incidence est plus importante en Afrique qu’en Europe.
  • La sélection naturelle a favorisé certaines mutations génétiques, aidant chacune de ces populations à mieux s’adapter à son environnement. Ce sont des processus indépendants jouant sur des gènes différents qui ont mené la sélection naturelle à un même résultat chez les deux populations: diminuer la réponse inflammatoire. Cet exemple d’évolution, dite convergente, vient confirmer que bien que protégeant efficacement des infections, une réponse immunitaire trop forte, comme dans le cas des allergies ou des maladies auto-immunes, est à éviter.

Selon les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Cell, l’identification des mutations génétiques responsables de la modulation des gènes impliqués dans la réponse immunitaire donne de nouveaux outils pour comprendre les mécanismes qui sous-tendent la mise en place de la réaction immunitaire face aux infections. Elle permet aussi de mieux cerner la prédisposition aux maladies, aussi bien au niveau individuel qu’à l’échelle des populations mondiales.

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