Vers un vaccin pour combatre la maladie d’Alzheimer

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Des chercheurs ont développé un vaccin stimulant la production d’un anticorps qui cible spécifiquement l’une des protéines en jeu dans la formation des agrégats, des plaques ou des fibrilles qui perturbent le fonctionnement neurologique, propres à la maladie d’Alzheimer.

Deux protéines prédominent dans la maladie : la protéine bêta-amyloïde et la protéine tau (en anglais : tubule-associated unit).

Ces travaux, présentés dans le Lancet Neurology, concluent à la remarquable capacité de ce vaccin à susciter une réponse immunitaire et à cibler la protéine tau. 29 patients sur 30 ayant reçu le vaccin ont montré une réponse immunitaire contre celle-ci.

Les travaux ont concerné des patients atteints de troubles légers à modérés, âgés de 50 à 85 ans, entre juin 2013 et mars 2015. 

Concrètement, les chercheurs ont couplé l’anticorps à une molécule porteuse non-présente chez les humains, afin d’éviter toute réponse auto-immune.

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Bientôt des essais cliniques

Jusqu’à présent, la plupart des anticorps proposés pour traiter la maladie d’Alzheimer ciblaient les plaques amyloïdes.

Récemment, un essai de phase 1 a validé un médicament, le Verubecestat. Développée par le laboratoire américain Merck, la molécule réduit la présence de protéines toxiques beta-amyloïdes dans le cerveau en bloquant une enzyme appelée BACE1.

En revanche, la plupart des autres études ciblant l’amyloïde ont soit conclu à l’échec thérapeutique soit à des effets secondaires sévères, dont une accumulation anormale de LCR (liquide céphalo-rachidien) et une inflammation dans le cerveau. En cause : une réaction engendrée sur la protéine amyloïde dite “normale” présente dans les vaisseaux sanguins.

Deux autres molécules permettant de réduire les plaques amyloïdes – le solanezumab, du laboratoire américain Eli Lilly, et le aducanumab, de la firme Biogen Inc – font également l’objet d’essais cliniques de phase 3, dernière étape avant la mise sur marché.

Le vaccin, ici développé contre la protéine tau, a eu pour seuls effets secondaires constatés des réactions locales dans la zone de l’injection pour 53 % des patients, “probablement liées à l’adjuvant, l’hydroxyde d’aluminium, dont la mission est d’améliorer la production d’auto-anticorps”. Aucun autre effet secondaire grave n’a été directement constaté.

Forts de ces premiers résultats, les scientifiques engagent à poursuivre les essais cliniques.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 36 millions de personnes dans le monde sont atteintes de démence, dont une majorité de la maladie d’Alzheimer. Ce nombre devrait doubler d’ici 2030 et tripler d’ici 2050 si aucun traitement efficace n’est découvert. 

SourceThe Lancet et Relaxnews
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